URBANISME, ENVIRONNEMENT ET SANTÉ, BIEN SÛR QUE C’EST LIÉ !
par Céline Mougard, le Samedi 4 Janvier 2025
Urbanisme, environnement et santé, bien sûr que c’est lié !

L’agence nationale Santé Publique France a récemment montré qu’en végétalisant davantage, la mortalité pourrait être réduite de 3 à 7%.
En effet par exemple :
- Près de 33 000 décès ont été imputés à la chaleur entre 2014 et 2022, alors qu’on sait diminuer la température urbaine de 3 à 5°C grâce aux arbres d’ombrages.
- Environ 40 000 décès seraient attribuables à une exposition aux particules fines alors que chaque arbre peut piéger 100 g de ces particules par an et que les espaces hauts et denses de végétation ont montré leur efficacité pour faire barrière à divers polluants (ainsi qu’aux nuisances sonores).
- 60% des maladies infectieuses humaines ont une origine animale, mais plus un écosystème présente de biodiversité, plus il protège ses habitants par des services de « dilution » de la transmission des agents pathogènes.
Ces chiffres sont récents, mais les solutions sont connues depuis longtemps. Depuis 1986, l’Organisation Mondiale de la Santé incite à penser la santé de manière globale, à agir sur les milieux de vie, à penser des politiques publiques favorables à la santé des populations (1), en rappelant que 60 à 80% des facteurs déterminants la santé d’une population sont liés au contexte socio-économique et environnemental. Or, la santé est encore souvent un impensé des politiques publiques, et encore plus les liens entre environnement naturel, biodiversité animale et végétale, et santé humaine.
Le concept de « Une Seule Santé / One health » propose « une approche intégrée et fédératrice, qui vise à équilibrer et optimiser durablement la santé des personnes, des animaux et des écosystèmes. Elle reconnaît que la santé des humains, des animaux domestiques et sauvages, des plantes et de l’environnement au sens large est étroitement liée et interdépendante. L’approche mobilise de multiples secteurs, disciplines et communautés à différents niveaux de la société pour travailler ensemble afin d’améliorer le bien-être et de lutter contre les menaces pour la santé et les écosystèmes, tout en répondant au besoin collectif d’eau, d’énergie et d’air propres, d’aliments sains et nutritifs, en prenant des mesures contre le changement climatique et en contribuant au développement durable (2).
Ceci nous amène à revoir nos représentations anthropocentrées, pour agir de manière systémique, en considérant les co-bénéfices : agir pour la biodiversité ou pour le climat, c’est donc agir aussi pour la santé des humains. Dans cette perspective, ne serait-il pas temps de redéfinir la santé comme la manière dont les milieux, les humains et les non-humains interagissent dans un seul « socio-écosystème » (3), vers l’équilibre et la résilience ?
Pour les collectivités, cela passe par l’intégration transversale et simultanée de la santé et de la durabilité, pour engager une véritable démarche du « prendre soin », dès la conception des politiques publiques. L’Urbanisme Favorable à la Santé et ses outils peuvent contribuer à cela. Mais cela permet également aux Contrats Locaux de Santé d’intégrer des axes environnementaux, ou bien même aux Plans Alimentaires Territoriaux, aux Plans Climat Air Energie, aux Contrats de Relance et de Transition Ecologique, d’intégrer un axe santé !
En diffusant le modèle de Résilience Urbaine, les Urbaculteurs s’engagent aussi vers « Une Seule Santé ». Les éléments du modèle sont des solutions fondées sur la nature, pour retrouver des îlots de fraicheur, pour faire barrière aux polluants de l’air comme de l’eau, pour le développement de la biodiversité animale et végétale, pour la production alimentaire en circuit court, pour l’exposition à la nature des habitants et leur santé mentale.
« Toute une santé ! », un jeu coopératif et pédagogique sur le concept « une seule santé »
Le jeu « Toute une santé ! » permet de faire comprendre le concept de « Une Seule Santé / One health » de manière concrète, positive, centrée sur les solutions et leurs impacts. C'est un jeu coopératif, dans lequel des acteurs variés, tel que des élus, agriculteurs, offices de tourisme, commerçants, etc. trouvent leur place pour agir pour la santé du territoire.
Les publics visés par ce support pédagogique sont larges : élus et pouvoirs publics, acteurs du monde agricole, de l’environnement, de la santé humaine et vétérinaire, habitants adultes et jeunes.
Texte : Céline Mougard
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Charte d’Ottawa pour la promotion de la santé, Organisation Mondiale de la Santé, 1986.
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Définition du Groupe de haut niveau « Une seule santé », qui réunit des experts de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA).
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« Les socio-écosystèmes correspondent à des systèmes intégrés couplant les sociétés et la nature (Liu et al. 2007), ce qui vise finalement à redéfinir les écosystèmes en considérant explicitement l’ensemble des acteurs, en intégrant donc l’homme comme une composante active du système. »